Le président des États-Unis s’exprime

 

« Si vous menacez l’Amérique, vous ne trouverez aucun refuge. »

C’est en ces termes que s’est exprimé le président Gold lors d’une conférence de presse tenue hier à la Maison-Blanche (Washington), devant un parterre de journalistes fébrile. Selon des sources proches du Bureau ovale, Gold tenait, en ces temps troublés, à rassurer sa population, quitte à employer un ton belliqueux qu’on n’avait pas encore entendu de la bouche de ce démocrate fraîchement élu. La conférence de presse portait essentiellement sur la désormais tristement célèbre affaire Graddy Smith, le terroriste soupçonné d’avoir enlevé et séquestré des dizaines de victimes en raison de leur appartenance ethnique, et dont des témoins ont reporté la possible présence à Las Vegas. « Croyez bien que tout est fait pour retrouver cet homme : la police des États-Unis, je suis sûr, nous prouvera encore et très bientôt qu’elle demeure l’une des plus efficaces au monde. »
 
white-house

Photo d’archive : White House — Shubert Ciencia (CC-BY)

 

Lors de la seconde partie de l’intervention du président dédiée aux questions des journalistes, monsieur Gold est revenu sur les évènements climatiques qui frappent la planète depuis plusieurs semaines, et notamment sur la supposée mort des végétaux : « Les scientifiques s’accordent à dire qu’aucune menace ne plane à court terme sur notre agriculture ni sur nos ressources. Cette « maladie », puisque nous n’avons pas d’autre mot pour la décrire, a beau être spectaculaire, elle ne remet pas en cause notre mode de vie pour le moment. Je rencontrerai les dirigeants des autres pays le 28 janvier à Londres pour un sommet exceptionnel du G20. Nous aurons l’occasion d’en discuter et je reviendrai vers vous à cette occasion. » À la question : « Imaginez-vous un possible lien avec l’affaire Graddy Smith ? », le président s’est contenté d’éluder, affirmant que rien ne permettait d’effectuer un quelconque lien entre les deux affaires. Un journaliste du New York Times — Tim Jetter, moqué quelquefois pour des éditoriaux à la limite de la théorie du complot — a ensuite soulevé une question qui a visiblement mis le président mal à l’aise :

T. Jetter : « Monsieur le Président, vous parlez d’une maladie, mais les sources concordent aujourd’hui pour dire qu’il s’agirait plutôt d’un acte délibéré et coordonné. Tant en Russie qu’au Japon, et même dans les eaux internationales, des faits parfaitement tangibles tels que la réhabilitation du site de Fukushima, la disparition du vortex de déchets ou le poème en Sibérie nous prouvent qu’autre chose qu’une maladie est à l’œuvre… 

W. Gold : Monsieur Jetter, malgré tout le respect que je dois à votre profession, vous n’êtes pas sans ignorer qu’on ne peut rien affirmer sans citer ses sources ou apporter un début de preuve. (rires dans la salle) Rien ne démontre avec certitude que ces évènements soient liés.

T. Jetter : Mais partant de ce principe…

W. Gold : Laissez vos autres confrères s’exprimer, monsieur Jetter, nous avons beaucoup de questions. Sachez néanmoins que le président Poutine et moi-même nous sommes entretenus au téléphone à ce sujet, et que les autorités du Japon nous informent en temps réel des développements de la situation sur l’archipel. Mais si vous pouviez nous épargner vos histoires de martiens et de complots mondiaux dans votre prochain éditorial, je pense que la population vous en sera reconnaissante. Vous, journalistes, avez une responsabilité vis-à-vis de l’ordre national et de la paix des esprits. Gardez cela en tête. »

La conférence de presse s’est terminée sur la situation économique, le niveau des exportations et la possible fermeture à l’importation des denrées agricoles venues d’Europe, d’Afrique et d’Asie : « Nous y réfléchissons. Mais ce n’est pas réaliste. Notre pays est certes la première puissance du monde, mais il n’est pas capable d’assumer à lui seul son indépendance alimentaire et agricole. Des ingénieurs mettent au point des méthodes de filtrage et de contrôle renforcés. »