Poésie spontanée au cœur de la Sibérie

 

Les spécialistes se perdent en conjectures depuis la mort aussi tragique que brutale de tous les arbres de la planète la semaine dernière. Et ce que les satellites de l’ESA viennent de capturer depuis l’espace risque de les plonger encore davantage — si la chose est possible — dans la perplexité.

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Siberian Taiga (2005), Kitty Terwolbeck (CC-BY via Flickr)

Les clichés, qui n’étaient sans doute pas censés paraître dans la presse, ont fuité hier sur un forum de discussion américain d’habitude spécialisé dans les plaisanteries vaseuses et les clichés d’adolescentes, avant d’être repris par certains médias conspirationnistes, puis enfin par la presse généraliste sitôt que l’Agence Spatiale Européenne eut confirmé leur véracité. On y distingue ce qui ressemble à une forêt dévastée en plein cœur de la Sibérie, étendue morne et désolée comme toutes les autres sur des milliers d’hectares, au milieu de laquelle persiste une oasis de verdure.

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Car dans cette zone, la seule à ce jour connue du public (mais peut-être pas des autorités), subsistent quelques arbres disposés selon un schéma préétabli. Les arbres, qui ont conservé toutes leurs feuilles mais dont la coloration demeure rouge sang, forment les lettres d’un poème en anglais dont nous reproduisons ici le texte pour plus de clarté :

“Is this the region, this the soil, the clime, this the seat, that we must change for heaven; this mournful gloom for that celestial light?”

Les plus avertis de nos lecteurs auront sans doute reconnu le célèbre vers du poète John Milton, issu du Livre Premier du Paradis Perdu, que Chateaubriand traduisait par :

“Est-ce ici la région, le sol, le climat, est-ce ici le séjour que nous devons changer contre le Ciel, cette morne obscurité contre cette lumière céleste ?

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Si d’aucuns pensaient à un canular de mauvais goût, le gouvernement russe a d’ores et déjà coupé court aux rumeurs en confirmant l’existence de la zone : une volonté d’ouverture inhabituelle du côté de Moscou. Seule certitude : des relevés de température ont été effectués sur place. Les géologues ont constaté l’existence d’un microclimat anormalement chaud englobant comme une cloche le périmètre épargné.